Une Semaine à vie

ÉPISODE 7

La présence d’Aldo ne mettait personne à l’aise. Je n’étais cependant pas chez moi, et je me voyais mal mettre Madeleine dans l’embarras en lui précisant que nous ne savions rien de son nouveau voisin et qu’il était peut-être dangereux, voire très dangereux, voire carrément malade. Après tout, c’était bien elle qui allait le croiser certainement plusieurs fois par semaine dans les mois à venir, et dans un sens, je comprenais parfaitement qu’elle veuille faire bonne figure, sans toutefois partager son mode d’hospitalité un peu trop latin à mon goût.

Malade oui, je reviens sur ce point une seconde. Malade, ce garçon l’était forcément dans un sens et ne s’en était, du reste, pas caché malgré son intention de rester discret sur le sujet (ce qui était tout à son honneur, bien-sûr). La veille, durant la soirée, il avait pris à plusieurs reprises une poudre mélangée à de l’eau et avait gobé quelques pilules, du bout des doigts, sans nous balancer pour autant la plaquette sous le nez. Il s’était levé, dos à nous, regardant par la fenêtre, sans avoir la volonté de dissimuler quoique ce soit et de devenir soudainement suspect. Il avait avalé ses cachetons très sobrement, sans faire mine de s’étouffer volontairement, et sans faire ce bruit odieux que certaines personnes font pour s’éclaircir la gorge après s’être enfilé une gorgée, non. Rien de tout cela. La retenue. Et c’était appréciable et presque rassurant, je dirais. Mais voilà. Il avait débarqué ici, au moment même où le crime pénétrait dans tous les foyers de la planète. Devions-nous avoir peur ? Il était resté plutôt secret, et n’avait dégagé que de la timidité et de la gêne. Devions-nous avoir peur ? Rien de très viril, même si physiquement il était plutôt charismatique, brun, musclé, pectoré, l’allure d’un bon guerrier, la mâchoire que l’on prend à plein main comme lorsque l’on tapote la joue d’un cheval. Ses traits n’étaient pas spécialement fins, ce qui lui ôtait tout aspect androgyne et féminin. Il était davantage bourru qu’élégant, plus lanceur de marteau qu’escrimeur, et puis il avait des mains puissantes. Petites mais présentes. Un peu sales oui, de ces mains qui sont sales parce qu’elles ont travaillé la terre trop longtemps. Bon d’accord, il aurait tout aussi bien pu être un gros dégueulasse ayant passé sa journée dans le métro sans prendre la peine de se décrasser les ongles, mais j’étais célibataire depuis longtemps et j’avais besoin de sentir la vigueur masculine à portée de main, justement.

Et puis il y avait eu cette déclaration. Comme si l’ambiance n’était pas suffisamment pesante. Aldo qui nous disait avoir un lien avec tout ça. " La statue, c’est moi qui l’ai sculptée." De cette villa de l’horreur jusqu’à l’appartement de Madeleine, il n’y aurait pu avoir qu’une onde partagée en plusieurs milliards et arrivant tout droit dans le poste de télé. Mais non. Maintenant, il y avait aussi Aldo. Et il était assis juste en face de nous. Il se cachetonnait. Et il avait de grosses mains sales. Devions-nous avoir peur ?

Dans ces moments-là, l’on pense à tout et à n’importe quoi. Et je pensais surtout au moment où il en attacherait deux pour violer la troisième.

Le briquet n’avait pas quitté le creux de ma main droite depuis plus d’une heure. Et il était 7h00 du matin.

Madeleine nous avait installées, Betty et moi, dans le salon sur le canapé convertible. Le matelas était correct et puis, surtout, nous avions la télé juste en face de nous.

Je crois que Betty ne dormait pas non plus, mais nous n’avions visiblement pas envie de parler. J’avais fermé le poste vers 5h, tandis que les caméras infrarouges de la villa faisaient des plans fixes d’architecture intérieure où rien ne se passait. Pas un mouvement. Même dans les chambres. Personnes ne semblait aussi anxieux que nous, ce qui paraissait d’ailleurs sacrément louche.

Quelques heures plus tôt, pourtant, un homme venait d’être découpé en deux, pratiquement sous notre nez, puis pendu au plafonnier de sa chambre, tandis qu’une bouche de femme avait été ramassée dans les petits graviers du jardin. Adil, dont tout le monde avait noté l’absence durant le second meurtre, s’était expliqué pendant des heures sans que sa version ne soit corroborée par la personne qui était cachée sous le lit tandis qu’Erwan se faisait scier le ventre.

Qui était cette personne, d’ailleurs ? Qu’avait-elle vraiment vu ? Était-elle toujours là ? Faisait-elle seulement partie des nouveaux habitants ? Et pourquoi s’être emparée des jambes ? Pourquoi les dissimuler ? Tout ça était encore un peu flou pour nous autres téléspectateurs ; de plus, il fallait s’accoutumer à ce mode de visionnage imposé si nous choisissions qu’il reste gratuit. En y mettant la somme, l’on pouvait avoir accès à tout ce qui se passait dans la villa et passer de caméra en caméra comme bon nous semblait. Mais à quel prix ? Avions-nous réellement envie de ne rien rater ? Avions-nous réellement envie de voir les corps sans jambes de tous les candidats se balancer au bout d’une corde comme nous avions tous vu celui d’Erwan, bleu, bouche ouverte, le cou saignant, les bras bringuebalant, et tous les organes attirés par la pesanteur qui tombaient un à un sur le sol pour former un tas de boyaux dégoulinants ; pendant trois minutes ?

Comment dormir après ça ?

Madeleine avait-elle réussi à trouver le sommeil ? Pourquoi aucun candidat n’avait encore fui la villa ? Tout ça était-il bien réel ? Est-ce qu’Aldo était malfaisant ? Est-ce que le monde allait changer après ça ? Est-ce que le crime allait perdre de sa criminalité ? Est-ce que quelqu’un allait arrêter cette monstruosité ? Est-ce que les 5 cartouches de clopes que j’avais prévues allaient suffire ?

J’étais partie malgré moi dans une série de questions incontrôlables et interminables qui m’entraînèrent en plein délire durant un petit moment. Impossible de me concentrer sur autre chose. Je voyais toutes ces questions comme flotter les unes entre les autres, devenant tantôt des personnages interrogeant d’autres personnages, puis se transformant en un air de musique qui courrait après ses notes, pour enfin apparaître telle une horloge qui réclamant qu’on lui fasse remonter le temps. C’est à cet instant que je me suis endormie pour me réveiller presque trois heures plus tard. 

Madeleine et Betty étaient attablées juste derrière le canapé. Elles avaient allumé la télé et mis le son au minimum si bien que cela ne m’avait pas réveillée.

Elles buvaient un café fort. L’odeur pénétrait en moi comme une sonde qui vous rentre par le nez pour finir dans votre estomac. Le mien gargouilla justement. Je demandai où nous en étions :

_ On en est où ?

_ Ils viennent de sortir de leur chambre et ils ont tous une sale gueule.

_ On sait ce qu’ils ont fait du corps d’Erwan ?

_ Robert et Victor s’en sont occupés. Je crois qu’ils l’ont foutu dans un…enfin deux sacs plastiques et qu’ils l’ont jeté dans le puits.

_ La prod’ pourrait s’en charger quand-même… c’est abusé.

Nous nous stoppâmes net de parler. Nous réalisions le genre de phrases que l’on était entrain de faire. L’on prenait conscience de l’absurdité de nos remarques, et surtout du naturel avec lequel nous avions avalé la pilule des règles du jeu en seulement quelques heures.

En parlant de pilule… : on toqua à la porte. C’était Aldo, qui s’excusait mais qui avait cru entendre du bruit. Mec, les pubs et les bistrots du coin sont ouverts depuis des heures et ils sont a priori tous branchés sur le même canal, pourquoi tu ne descendrais pas les trois étages qui te séparent d’eux histoire de goûter leur café et de faire connaissance ?

Voilà ce que j’avais envie de dire. Mais Madeleine était plus amicale et elle pria uniquement Aldo d’avoir la gentillesse de revenir dans deux heures afin de nous laisser le temps de nous préparer et d’être présentables. Aldo rougit et baissa les yeux en se rendant compte qu’il avait quelque peu exagéré… Il balbutia quelque chose comme : « C’est moi qui vous invite à déjeuner, on commandera chinois », avant de s’en aller à reculons jusqu’à son appartement.

_ Madeleine, pardon d’intervenir, tu fais ce que tu veux, mais tu ne trouves pas qu’Aldo est un peu trop « présent » dans ton appartement pour quelqu’un qui habite l’immeuble depuis seulement deux jours ? Je n’ai pas du tout envie de t’affoler, mais d’ici une semaine, tu seras de nouveau seule ici, et je n’ai pas envie qu’il prenne trop de place et qu’il s’impose sans que tu aies la force de dire non. Tu vois ce que je veux dire ?

_ Moi il me fiche la trouille !, lâcha prestement Betty comme si elle se délestait d’un lourd secret.

_ Haha, fit Madeleine. Vous êtes adorables toutes les deux, mais j’ai un bon feeling avec ce garçon. Je ne sais pas pourquoi. Je le sens bien. Et puis, je ne sais pas, ça me rassure de le savoir proche, au contraire.

_ C’est toi qui vis ici… tu fais ce que tu veux, mais si c’était moi, je poserais les limites dès maintenant…, ou bien je lui achèterais une télé…, conclus-je.

On enchaîna les douches rapidement. On referma le canapé. On s’installa face à l’écran. Et l’on attendit une action.

Tous les candidats étaient réunis sur les canapés du salon. Tous assis, avachis, ou allongés. Ils se taisaient. S’observaient du coin de l’œil. N’osant rien faire. Prudence et Achala se tenaient les mains l’une de l’autre et ressemblaient à deux petits rongeurs effrayés, pris dans le coin d’une pièce. Blanche, les jambes croisées, tenait son genou entre ses deux mains enlacées et regardait chaque habitant un à un. Helen était assise en tailleur, le dos collé tout au fond du canapé et regardait par terre. Brenda-Lee se gratouillait le menton tout en se mordant les lèvres.

Du côté des garçons, ce n’était guère plus expressif : Victor et Robert marmonnaient entre eux. Adil était sur le côté, seul et avait croisé ses bras tout en se maintenant les coudes. Ivan mâchouillait un cure-dent, et enfin Jonathan se balançait légèrement d’avant en arrière tout en gardant la bouche finement ouverte.

C’est Helen qui brisa le silence.

_ D’ici très peu de temps, nous allons devoir éliminer un garçon.

L’assemblée resta muette. Presque tous la regardaient, comme si elle détenait une solution à quelque chose. Jonathan, seulement, semblait ailleurs. Et continuait de se balancer d’avant en arrière, genoux contre poitrine.

Helen poursuivit.

_ Je n’ai pas la moindre idée de qui va partir ni de comment l’on va procéder. Mais je crois, enfin… si j’étais un garçon… c’est comme qui dirait le moment de vous vendre et de nous convaincre de ne pas vous éliminer.

_ Eliminez-moi !, hurla Jonathan.

Tous se retournèrent vers lui brusquement. Il aurait pu s’étouffer avec ses propres genoux tant il les tenait serrés contre lui-même.

_ Eliminez-moi, répéta-t-il. Je veux partir de là. Je ne sais pas ce que je fous là. Je veux rentrer chez moi. Je veux rentrer chez moi.

Les filles se regardèrent.

Le contrat était clair. A moins d’être éliminé ou d’être tué, personne ne pouvait sortir du jeu. Une fois à l’intérieur, on abandonnait tous ses droits, y compris le droit de partir.

Brenda-Lee prit la parole :

_ Okay, très bien. On prend bonne note de cette demande, mais l’on ne peut rien te garantir, tout en continuant de se gratouiller le menton.

_ Qu’est ce qui te prend, lança Victor tout en s’adressant à Jonathan. Tu as découvert que tu avais une chatte à la place des couilles ?

Jonathan se leva furieux :

_ Les garçons sont éliminés. Les filles sont tuées. C’est la règle. Et Erwan ! Il est mort ! En premier ! Ce sont les filles qui doivent mourir ! Pas les garçons ! Les règles ne sont pas respectées !

_ Ah je vois, lança Achala. Tu t’es dit que tu allais rester tranquille, faire le minimum pour ne pas te faire éliminer et récolter la mise à la toute fin ? C’est ça ?

_ Je suis tentée de ne pas t’éliminer juste pour ça, enchaîna Prudence. Pour le plaisir de te voir mort avant moi !

_ Attendez, s’écria Adil. Vous ne comprenez pas son jeu. Qui nous dit que ce n’est pas une stratégie pour au contraire sauver sa peau. Vous ne l’éliminez pas parce que d’après-vous il n’est pas le tueur, et ainsi il reste pour mieux tous nous tuer !

Presque tout le monde était à présent débout. Une tension particulière venait de naître dans ce salon. De la folie. De cette folie qui conduit au drame humain. Des bêtes féroces montraient les crocs et le tueur lui-même ne savait pas s’il demeurait le plus dangereux.

Jonathan couru alors vers la cuisine et en revint avec un énorme couteau. Les candidats s’immobilisèrent sans savoir quoi faire. Il se jeta alors sur Blanche et la tira par les cheveux tout en maintenant le couteau sous sa gorge.

Tout le monde était affolé. Ivan tenta se s’approcher de Jonathan tout en mettant ses mains bien en évidence devant lui tout en s'efforçant de rassurer le jeune homme.

_ Très bien. Si c’est comme ça, lança Jonathan, et si en effet il n’y a pas de règles à suivre, alors je vais tous vous tuer. Un a un. Et comme ça il ne restera que moi. Que moi ! Puisqu’il n’y a pas de règles et qu’on tue les garçons. Je vais buter une de celles qui aurait dû y passer hier,  au lieu d’Erwan.

Ivan continuait de s’approcher de Jonathan tout doucement, main en avant, et tout en essayant de le calmer. Brenda-Lee intervint :

_ Mais bon sang, sautez-lui dessus ! Vous êtes quatre mecs là !

_ Brenda, nous ne prendrons pas le risque de blesser Blanche, coupa Ivan. John, reprit-il. Regarde-moi. Nous allons trouver une solution. Calme-toi. Si tu n’es pas un assassin, n’en deviens pas un devant des millions de téléspectateurs. Donne-moi ton couteau. Blanche n’a rien à voir là-dedans. Nous sommes ici pour la protéger. Tu comprends. N’oublie pas qui tu es vraiment. Ca arrive de craquer. Ce n’est pas grave. Donne-moi ce couteau. Tu vas te reprendre, ne t’inquiète pas.

Au fur et à mesure des mots d’Ivan, Jonathan semblait perdre de sa vigueur et de son intention. Il baissa la garde et laissa tomber le couteau à terre. Blanche s’extirpa de ses bras et se jeta contre Ivan qui la serra très fort tout en déplaçant le couteau de son pied en l’envoyant plus loin. Les autres garçons n’attendirent pas que Jonathan relève la tête qu’ils se jetèrent sur lui et le propulsèrent au sol en le maintenant immobile.

C’est à cet instant que le téléphone sonna.

Tout le monde parût surpris. En effet. Personne ne connaissait la présence d’un téléphone.

Tout le monde se mit en quête de l’appareil et c’est finalement Adil qui découvrit quelque chose : une sorte d’alarme cachée derrière quelques livres de la bibliothèque et à côté de laquelle était fixée une poignée. Personne ne savait vraiment quoi faire… Adil, qui se trouvait juste devant hésita quelques instants puis avança sa main vers la poignée et l’abaissa tout en regardant ses colocataires.

La bibliothèque trembla et commença à glisser sur le côté laissant alors apparaître un passage des plus obscurs. Adil voulu y glisser sa tête mais il fut éjecté sur le côté par un groupe de cinq mercenaires armés jusqu’aux dents qui sortirent de là tout en cadence et qui se dirigèrent tous du même pas vers Jonathan.

_ Vous avez enfreint les règles en vous attaquant à une jeune fille que vous êtes censé protéger, lança le chef de file. Dans la mesure où vous n’êtes pas le tueur de ce jeu, nous vous arrêtons, tel qu’il l’est stipulé dans le règlement intérieur de la maison. Vous êtes éliminé.

Jonathan ne pu s’empêcher de sourire.

_ Quelle règle du jeu lança Victor ? Où est-elle ?

_ Sous votre oreiller, lança l’homme armé. Vous en avez tous une et si j’étais vous, je prendrais soin de la lire bien attentivement, conclut-il en emmenant le candidat. Il n’y aura pas d’autre élimination ce soir.

Jonathan éclata de rire.

_ Je me casse. Bande de fous. Je me casse. Haha. Crevez bien tous ensemble. Etripez-vous comme il se doit, je me casse !

Et tous rentrèrent dans le sombre passage, lequel se referma automatiquement derrière eux.

 

Tous furent sous le choc.

Adil essaya à maintes reprises de tirer de nouveau sur la poignée, mais rien ne se passa. Ils en conclurent que le passage ne s’ouvrait que lorsque l’alarme retentissait et ce juste si les candidats le désiraient.

_ Une chose est sûre, dit Brenda-Lee, c’est que nous allons garder Ivan longtemps parmi nous. C’est le seul qui ait essayé de faire quelque chose...

_ Et alors ?, s’offusqua Adil. Qu’est ce que ça prouve ? Ca ne prouve pas qu’il va t’épargner demain ! Si ça se trouve, il a passé un pacte avec Jonathan et ce sauvetage à la mords-moi-le-nœud n’était qu’une pure mascarade pour vous convaincre de le garder toute la semaine. Hein ? Hein Ivan ? Qu’est ce que vous avez conclu tous les deux ? 50/50 ? C’est bien ça ?

_ Je ne te répondrai même pas mon cher. Moi, tout ce que je vois, c’est que si ce pauvre Jonathan n’avait pas pété un plomb, c’est toi qui partais aujourd’hui. Alors crois bien une chose : c’est que je vais t’avoir à l’œil, toi et tes petites couilles de salopard.

_ Hé ! lança Achala. Pardon de revenir à quelque chose de plus concret, mais… où est passé le couteau ?

Tous regardèrent à terre, vers là où Ivan avait fait glisser le couteau. Rien. Plus rien. Le couteau avait disparu…

_ Qui a pris ce couteau !?, lança sèchement Achala avant que la lumière ne s’éteigne tout d’un coup et ne plonge tout le monde dans le noir absolu.

On chercha ce qui pouvait bien se passer. On lança un : "Quelqu'un a un briquet?". Des frôlements, des petits cris. Tous savaient à quoi s'attendre et chacun patiemment durant ces quelques secondes, "attendait son tour". La lumière revint et une inspiration commune fit vibrer les épidermes vivants.

Achala était à terre. Morte. La gorge tranchée et ruisselante. Sur le dos, la tête légèrement de côté et la bouche ouverte, ses yeux étaient comme révulsés et marquaient l'effroi soudain qui l'avait frappé. Près de sa main recroquevillée et sur laquelle ruisselait un peu de sang foncé, on pouvait reconnaître le couteau qui manquait, un ganglion sur la lame. 

Tous détournèrent la tête.  

 

Toutes les heures, à partir de midi et jusqu’à minuit, les lumières s’éteindront durant une minute, plongeant toute la villa dans le noir et permettant ainsi au tueur d’agir dans l’obscurité…, disait le règlement intérieur qui se trouvait sous les oreillers de chaque candidat et que l’un deux avait, visiblement, pris la peine de lire…

lire l'épisode précédant

lire l'épisode suivant